L'Ecole primaire de Tursac

Directrice de l'école : Marion Brajot - Tél. 05.53.06.97.76

 

 L'école accueille cette année 39 élèves de la petite section au CM2.  

 

Depuis 2015, l'école a une classe expérimentale d'inspiration Montessori pour les petites sections.

 

Les parents, enfants et instituteurs de l'école ont conçu un site internet : 

 http://tursaenciel.jimdo.com 

     

L'école a une salle informatique. Pour connaître son utilité vous pouvez consulter le site où s'exercent les enfants : 

http://lesgouyassous.jimdo.com

Fonctionnement de l'école

La pédagogie coopérative est à l’initiative de Célestin Freinet (pédagogue français du siècle dernier). C’est une pédagogie centrée sur l’enfant, acteur et auteur de ses apprentissages.

 

Cette démarche est articulée autour de trois axes :

-   L’expression, la création et la communication : Les activités d’expression et de communication de l’enfant trouvent leur place dans toute la vie de la classe et motivent les apprentissages (écriture de textes libres, créations artistiques, poétiques, corporelles, musicales, bilan, conseil de coopération, journal scolaire, correspondance…).

-     Le tâtonnement expérimental et les méthodes naturelles : dans son environnement, l’enfant est par nature expérimentateur ; il procède par « essais erreurs » puis par tâtonnement expérimental, base des méthodes naturelles (lecture-écriture, mathématiques).

-    Le travail individualisé et la vie coopérative : l’individualisation des apprentissages prend appui sur la globalité de la personne, sur la vie du groupe, sur les actions d’expression, de création et de communication. En se fondant sur le principe du tâtonnement expérimental et en mettant en place des situations de travail authentique et de recherche, la classe coopérative permet à l’enfant de construire ses savoirs, ses savoir-faire et être.

 

Fernand Oury est à l’initiative de la pédagogie institutionnelle dans les années 50. Il crée sa « théorie du trépied » :

-      le premier « pied » fait une large place aux techniques Freinet en favorisant le rapport à la production chez l’enfant ;

-     le second « pied » s’intéresse à la dynamique de groupe et à l’observation de l’enfant dans le groupe classe ;

     -      le troisième « pied » prend en compte la psychanalyse.

Cette théorie/pratique va être renforcée par le conseil de coopérative, qui existe déjà chez C. Freinet mais qui se différencie chez F. Oury en plaçant l’accent sur le relationnel. Les différents outils sont le « quoi de neuf », les « ceintures de comportements et de compétences »….

 

Techniques et outils pédagogiques

 

Le plan de travail

C’est une sorte d’emploi du temps individualisé dans lequel l’enfant inscrit les matières qu’il souhaite travailler, et ce pour une semaine.

Cela permet :

-     de faciliter l’utilisation des outils disponibles dans la classe par tous les élèves car ils travaillent en atelier et utilisent le matériel à des moments différents,

-      d’individualiser le travail : les enfants ne travaillent pas tous à la même vitesse et n’ont pas les mêmes difficultés,

-      L’entraide et la coopération : on s’aperçoit que les enfants s’aident avec enthousiasme.

 

Les règles de vie

Il y a trois règles imposées :

-      on ne se fait pas mal,

-      on ne se moque pas,

-      on écoute celui qui parle.

Les autres règles ont été construites ensemble et peuvent être discutées.

 

Le conseil de coopération

C’est le lieu de décision, de régulation des conflits, d’élaboration des règles de vie, de reconnaissance des progrès, d’organisation des projets collectifs et des prises de responsabilités.

Le conseil se réunit une fois par semaine, le vendredi en début d’après-midi.

 

Le quoi de neuf ?

Lieu de parole qui se déroule le lundi et jeudi matin et qui dure environ 20 minutes. Il y a un président qui gère la parole des élèves qui interviennent. Les enfants s’inscrivent au début pour le tour de parole. C’est un moment durant lequel ils peuvent dire leur humeur du jour et aborder des sujets qu’ils souhaitent partager avec les autres.

 

Les responsabilités

Elles correspondent à des tâches utiles à la vie de la classe : rangement de la remise, gérer les problèmes divers, dire le nombre de présents à la cantine,… Elles sont attribuées lors du conseil de coopération.

  

Les ceintures de comportement

Ces ceintures matérialisent la position de chacun par rapport aux exigences de la vie en groupe. A chaque couleur correspond des compétences, des droits et des devoirs, en fonction des possibilités de chacun.

 

 

Techniques d’apprentissage

 

Les textes libres

Ecriture libre et personnelle de l’élève : narration d’un événement vécu et/ou imaginaire, d’un rêve… Ces écrits se font au moment du travail individualisé.

 

Choix des textes libres

Cela commence par la lecture des textes libres devant la classe (pour ceux qui le désirent). Chaque auteur lit son texte et répond aux questions des autres. Le texte choisit devient un texte collectif et sert de base de travail pendant un certain moment. Il paraît dans le journal et/ou envoyé aux correspondants.

 

Créations mathématiques

Ce sont des inventions produites par les élèves, en rapport avec les mathématiques. Les autres élèves essaient de comprendre ce que l’auteur voulait faire.

 

Le journal scolaire et la correspondance

Ce sont des moyens concrets de motiver et valoriser la production d’écrits.

 

La démarche PIDAPI (parcours individualisé des apprentissages en pédagogie institutionnelle)

Pidapi est l’outil destiné aux enfants de cycle 3, c’est un fichier qui est partiellement auto-correctif, utilisé pendant les temps de travail individuel.

Pour chaque ceinture, l’enfant doit passer une évaluation diagnostique (la pré-ceinture) qui lui permet de situer les apprentissages qu’il doit travailler. Chaque compétence de la ceinture est, par ce diagnostic, identifiée comme acquise ou non et renvoie à une fiche de travail si besoin.

Chaque enfant dispose d’un « port-folio », un protège document regroupant l’ensemble des grilles de ceintures qui indiquent les compétences qui restent à travailler.

Lorsqu’une ceinture est réussie cela correspond à l’évaluation sommative.

Il se peut qu’à la suite de la passation d’une ceinture, une ou plusieurs compétences sont à retravailler. L’élève ne doit alors s’entraîner qu’aux compétences non acquises. Nous disposons pour cela de différents « folios », c’est-à-dire plusieurs exemplaires de mêmes exercices avec des énoncés modifiés. En cas de non réussite, les enfants ne refont pas les mêmes exercices. Ceci correspond à l’évaluation formative.

Ainsi les trois types d’évaluations permettent l’ajustement et la progression des apprentissages sans pression supplémentaire étant donné que la passation des ceintures est individuelle et ne correspond pas à une compétition entre élèves.

 

Pour les enfants de cycle 2

Ils ont dès à présent la ceinture de comportement et accéderont aux différentes ceintures selon leurs acquisitions.

Actuellement, ils travaillent avec des fichiers auto-correctifs et des jeux éducatifs.

 

L’apprentissage naturel du lire-écrire

L’apprentissage du lire-écrire correspond à une triple maîtrise :

-      celle du principe alphabétique d’association des phonèmes et des graphèmes,

-   celle de la reconnaissance des mots courants qui nécessitent une reconnaissance photographique rapide si l’on souhaite fluidifier la lecture et centrer l’attention sur les mots nouveaux ou plus complexes,

-      celle de l‘accès au sens qui confère à tout écrit une caractéristique de communication.

 

Aussi nous développons en classe trois approches complémentaires :

      -      la décomposition syllabique pour les mots nouveaux ou peu rencontrés,

-      la reconnaissance globale pour les mots fréquents et familiers,

-      le contexte dans lequel l’écrit est proposé.

 

Deux activités permettent un apprentissage du lire-écrire : le texte de référence et la phrase du jour.

 

Le texte de référence est le support à partir duquel les enfants vont entrer dans la lecture. Il est généralement issu de ce qu’apportent les enfants : un événement, un compte-rendu de sortie, un texte libre choisi…

 

La phrase du jour correspond à un écrit, demandé quotidiennement à chacun, sur le sujet qu’il souhaite.

L'histoire et l'évolution de l'école

Voici l’histoire de l’école racontée par Monsieur Sourny, instituteur à Tursac de 1947 à 1977, comme il l’expliquait aux élèves de Françoise Sauzedde et de Roger Lapergue en 1991.

 

« En 1841, il y a avait une classe dans une maison privée qui se trouvait sur une falaise dominant la rivière la Vézère. L’instituteur était payé par la commune pour faire traverser la rivière en barque aux enfants. Les parents devaient payer 2 francs par élève et par mois.

 

En 1866, l’école de garçons se trouvait dans une maison qui est aujourd’hui la mairie de Tursac. L’école des filles a été créée en 1872 dans les dépendances du presbytère. Les cours avaient été donnés par les religieuses du Sacré-Cœur.

 

La classe des garçons était trop étroite, alors en 1886, la mairie a acheté la maison d’un marchand de draps pour en faire une école de garçons (à la place du magasin) et l’appartement de l’instituteur. L’école se trouve toujours à l’emplacement du magasin du marchand. Le bâtiment extérieur n’a pas du tout changé, seul l’intérieur a été modifié.

 

En 1889, les filles ont occupé l’ancienne classe des garçons, mais comme c’était encore trop petit, la commune a acheté un terrain pour faire construire une école de filles, qui est aujourd’hui la salle des fêtes. »

 

1935 : Mr et Mme Peyrony, enseignants, 26 élèves, deux classes.

Monsieur Sourny précise : « En 1947, quand je suis arrivé à Tursac, il n’y avait plus qu’une seule classe (garçons et filles étaient ensemble). C’est ce qu’on appelle une classe unique. Quand je suis arrivé, j’avais 35 élèves et quand je suis parti 30 ans plus tard, il n’y en avait plus que 17.

Pendant 30 ans, il n’y a eu que deux changements : un aménagement des WC et la construction de la cantine en 1960. C’était bien pratique car les élèves n’étaient plus obligés d’apporter leur repas. »

 

La deuxième classe a été ouverte à la rentrée de l’année scolaire en septembre 1984. Les maîtres se partageaient les élèves selon l’effectif. La classe de Roger Lapergue était dans la salle des fêtes. Il fallait « déménager », c’est-à-dire enlever tout le matériel à l’occasion des fêtes. Le plancher était en bois et difficile à nettoyer. La classe était sombre et chauffée par un poêle à mazout dont l’odeur était désagréable. La classe n’était pas pratique car toutes les activités devaient se faire dans la même pièce. Les WC qui dataient de 1955 se trouvaient à l’extérieur et très éloignés de la classe. Quant à la classe de Françoise Sauzedde, les murs étaient couverts d’une peinture jaunâtre et on essayait de les cacher avec des dessins. Le sol était du lino tout craqué. La classe était sombre et chauffée par un poêle à mazout que la cuisinière ou le cantonnier venait allumer chaque matin.

L’école a été réaménagée en 1991 sous la direction de l’architecte Sourny, le fils de l’ancien instituteur. Les murs extérieurs sont en pierre et n’ont pas été modifiés. Seul l’intérieur a été réaménagé en tenant compte de la pédagogie des maîtres.

En 2000, c’est le passage de la cantine au bio. C’était une idée des parents et ils se sont organisés pour que ça se réalise. Certains ont préparé des menus en pesant chaque ingrédient afin de référencer la quantité d’aliment par enfant ; un papa a créé un logiciel que la cantinière utilise toujours pour faire les menus, les éditer et passer les commandes.

C’est ainsi que depuis Monsieur Sourny, les enseignants successifs de Tursac pratiquent la pédagogie Freinet et que les adultes savent coopérer pour monter des projets ou soutenir l’école. Souhaitons que cela dure !